Pour nous nourrir, nous avons abandonné nos jardins, nous avons quitté nos champs et confié la production de nos denrées les plus essentielles à de grandes compagnies industrielles disséminer aux quatre coins du monde, mettant en péril leur qualité.
En quittant nos maisons, pour nous enfermer dans des appartements de ville, entassés les uns sur les autres, nous nous sommes coupés de notre besoin vital de connexion avec la nature et les grands espaces verts.
Pour nous chauffer, nous avons troqué nos haches et nos forêts contre le confort d’un interrupteur électrique et d’un thermostat bien réglé.
Nous avons délégué la production de nos vêtements à l’autre bout du globe, à des personnes exploitées pour un salaire de misère, nous produisant des vêtements de piètre qualité.
Notre santé, nous l’avons mise de côté, victimes de la sédentarité et en quête du confort à tout prix, nous avons délaissé notre corps, cette fabuleuse machine d’adaptation.
Nous avons inventé les industries pharmaceutiques pour trouver des solutions à tous nos maux, tant physiques que psychologiques.
Esclaves des écrans, des algorithmes et des technologies, nous gaspillons notre temps libre dans des futilités et des divertissements stupides.
Quant à notre argent, nous le gaspillons dans des frivolités, victimes, malgré nous, de la société de consommation, étant plus préoccupés par l’avoir que par l’être.
Oui, nous avons délégué l’entièreté nos vies.
Vient alors un jour, où nous nous rendons compte que nous ne savons plus rien faire par nous-mêmes, que toutes ces années durant, déléguant nos vies, dilapidant notre précieux temps, nous nous sommes rendus dépendants. Dépendants de l’énergie, des entreprises, industries et sociétés qui polluent et détruisent la planète. Nous avons laissé défiler les années, nous avons laissé se perdre les connaissances ancestrales. Nous sommes devenus inaptes à répondre à nos propres besoins.
Et pourtant, le monde dans lequel nous évolution se craquelle petit à petit et plus que jamais nous allons devoir nous réapproprier notre autonomie et notre indépendance. Notre modèle montre ses limites. Pollution, dérèglement climatique, guerres, conflits, pénuries de métaux et d'énergie, fin de l’abondance… autant de sujets qui nous poussent à créer, aujourd’hui, un modèle différent, basé sur l’autonomie, l’indépendance, l’entraide, le partage, la coopération, le prendre soin…
Face à ces constats, nous avons décidé de reprendre nos vies en main, de créer un modèle qui fait sens pour le monde d’après, pour le monde de demain. Reprendre sa vie en main, c'est une démarche profonde et personnelle qui demande du courage et de la détermination. C'est un acte conscient de transformation, une volonté de se réapproprier son existence et ses choix pour vivre en accord avec ses valeurs.
Créer le monde de demain c’est d’abord vouloir se réapproprier sa vie et regarder le monde sans filtre, tel qu’il est réellement, avec ses bons et ses mauvais côtés. C’est apprendre à ralentir, à vivre au rythme de la nature, à apprécier les saisons avec ses longues journées d’été et ses courtes journées d’hiver, et donc revoir notre rapport au temps. C’est apprendre à reconnaître et à subvenir à ses besoins propres, sans nuire à son environnement. C’est être en contact avec la nature, apprendre à la connaitre et à la respecter. C’est prendre soin de soi et des autres (humains et non humains). C’est ne jamais cesser d’apprendre de nouvelles choses mais aussi de transmettre pour faire perdurer les savoirs. C’est créer des groupes pour évoluer ensemble, partager, se soutenir et se protéger. C’est développer sa robustesse et sa résilience. C’est incarner le changement que nous voulons voir dans le monde.
Tout cela ne se fait pas en un jour et nous n’avons pas la prétention d’arriver à maîtriser seuls la longue liste des connaissances et choses à faire pour être indépendant et vivre en totale autonomie. Le chemin est long, l’avenir incertain mais tout est possible.
Sébastien